C’est parce que tu as, malgré toi, ghosté ta soutenance de droit pénal international que je te dédie ces quelques lignes, comme une bonne étoile déposée sur ton chemin, avec la presque certitude que tu tomberas un jour dessus. Si toi, tu n'as pas eu la chance de la faire, moi, je vais la faire, et avec grande joie !
Ce message me rappelle combien je suis heureuse et fière de pouvoir présenter mes travaux de recherche : le fruit d’un parcours éprouvant, parfois rude, mais profondément enrichissant, et que j’espère utile aux soignants engagés dans la santé mentale et la santé sexuelle.
J’ai une chance inouïe de pouvoir me présenter telle que je suis : avec mon identité, mon histoire, mes contradictions et mes convictions, devant mes futurs confrères, et face à quelques représentants redoutables d’un courant abolitionniste, le Mouvement du Nid, qui ne me ménagera pas. Je suis attendue au tournant, parce que je refuse d’accepter l’idée que le client serait un oppresseur, même après douze années d’exercice. Peut-être comprendront-ils, par la force de mon discours, qu’il s’agit avant tout de la rencontre de deux vulnérabilités, et qu’une même pièce présente toujours deux faces. En ignorer une, c’est condamner l’ensemble du système à dysfonctionner. Notre combat est commun : œuvrer à un rapport homme-femme plus juste, plus sain et véritablement heureux.
Je prends donc la parole en conscience, déterminée à défendre celles et ceux que l’on réduit trop souvent au silence, aux raccourcis ou aux fantasmes. J’assume cette place avec force et responsabilité, en tant qu’avocate de l’humain, là où il est le plus vulnérable, le plus jugé, le plus incompris. Et si je prends votre défense avec autant de ferveur, c’est parce que je suis moi-même cette femme que l’on blâme injustement : votre cause est aussi la mienne.
J’ai pleuré d’épuisement.
Et je finirai par pleurer de fierté.
Ce travail est pour vous.
Et avec vous.
Stella, la courtisane.